ALBANIA

SHQIPERIA

(suite)

La partie la plus pittoresque de la côte albanaise s'étend de Vlorë jusqu'à la frontière grecque.

1 Shkoder, Lezhe, Kruja, Durres, Kavaje, Ardenica, Apollonia, Berat, Gjirokaster, Antigonea, Lin, Korce
2 Dhermi, Llogara, Vuno, Himare, Porto Palermo, Saranda, Mezopotam, Syri i Kalter, Butrint, Voskopoje, Shipcke
3 Elbasan, Orikum, Byllis, Finiq

La route longe, au début, longe la plage jusqu'à Orik, au pied de la péninsule Karaburun, ensuite grimpe à travers la montagne, parmi les conifères jusqu'au col de Llogara (1027 m).

Puis descend les flancs de la montagne Cikës, et, dans ses nombreux virages, offre une vue magnifique sur la mer et la montagne. Plus loin, elle suit la côte très découpée, recelant des petites criques et des plages de sable et de galets surplombées de petits villages accrochés aux flancs de la montagne. Le dernier tronçon, à partir de Saranda, est moins fréquenté, mais possède aussi des plages, et et surtout l'exceptionnel site archéologique de Butrint.

Dans la région, de nombreux campings et hôtels proposent un hébergement pour les touristes.

le col Llogara - 1027 m et une vue ur la mer et la montagne
 

 

DHERMI

Ce village ayant conservé des maisons traditionnelles, deux vieilles églises est dominé par le monastère Ste-Marie et St-Théodore, dont la blancheur illumine la pente de la colline Çikës. La longue plage, avec ses bunkers peints de toutes les couleurs, constitue une attraction intéressante.

VUNO

Bourgade aux solides maisons de pierres, bâties en plusieurs niveaux sur la pente abrupte de la montagne, qui n'ont pas changé depuis des siècles. Autour on remarque d'étranges  formations rocheuses rougeâtres érodées par la pluie.

HIMARË

La plus grande agglomération de sa région, qui est parvenue à conserver une certaine indépendance au sein de l'empire ottoman. On y trouve une plage organisée, tous commerces, des hôtels et des banques. Au nord, à Livadhi, s'étend une plage de sable et de galets pourvue de bars et restaurants. La région a été longtemps habitée par les Grecs et conserve une culture hellénistique très vivace.

Plage de Livadhi Himare Plage de Qeparo
Bunec Lukove
 

PORTO PALERMO

WA Porto Palermo (ancienne Panorma), lieu stratégique au bord d'une large baie, se dresse une forteresse du XVIIIe siècle, construite par Ali Pacha le Sanjak Albanais qui osait rivaliser avec le grand sultan d'Istanbul, ce qui lui coûta la vie. Construite selon un plan triangulaire, constituée de hauts et épais murs supportant une plateforme permettant de surveiller l'entrée de la baie.

Elle fut utilisée comme caserne par les soldats de l'armée albanaise, et porte les traces de ses derniers locataires. Dans la partie nord de la baie se trouvait une base militaire où l'on peut encore voir l'entrée de tunnels creusés dans la roche, et des restes de navires de guerre encalminés.

Sur l'isthme de la petite presqu'île subsiste une ancienne église récemment restaurée.

Le sympathique propriétaire du restaurant entouré d'agaves (en face) en assure la visite guidée. Sur le flanc de la montagne surplombant la baie ont été construits depuis peu des bungalows en bois à louer.
   

SARANDA

La plus grande station balnéaire de la côte sud de l'Albanie, située dans une large baie, à 20 km de la frontière grecque. Les immeubles et les hôtels poussent autour de la baie et sur les pentes de la montagne comme des champignons multicolores. La ville s'agrandit à une vitesse vertigineuse, étouffant la petite promenade du front de mer. L'étroite plage de galets est prise en possession par les nombreux bars et restaurants qui y ont planté leurs transats et parasols. Il y a une école renommée de plongée sous-marine. Le port de la ville assure des liaisons quotidiennes de ferries avec l'île grecque de Corfou située en face.

Des monuments anciens demeurent les ruines émergeant au niveau du sol d'une synagogue des V-VIe s. visibles au long de la rue principale de la ville. Elle contenait plusieurs salles pavées de magnifiques mosaïques. Dans une partie du bâtiment fut construite, au VIe s. une basilique byzantine. Les deux édifices furent détruits au cours des invasions des Avars et des Slaves. Les mosaïques récemment découvertes ont été transférées au musée.

Sur la colline au-dessus de la ville se dresse la forteresse Lekursi. Elle a été construite en 1537 par Soliman le Magnifique pour contrôler la baie de sa hauteur de 260 m. Elle a un plan carré avec deux tours rondes et une carrée. A sa porte mène une route pavée de pierres de couleurs. Le bâtiment reconstruit abrite un élégant restaurant avec une terrasse d’où on peut admirer une vue magnifique sur la campagne environnante.

Saranda = 40

Le nom de la ville de Saranda provient de 40 martyrs chrétiens, dont l’histoire a été décrite par St.Bazyl, évêque de Césarée. Au IV s., 40 soldats de la XIIe légion romaine stationnée en Cappadoce ont adopté la foi chrétienne. Malgré la persécution ordonnée par l'empereur Licinius, ils n’ont pas voulus y renoncer. Ils ont été contraints, sous la torture, de passer tout nus la nuit en hiver sur un lac gelé. A ceux qui renonçaient à la foi, on accordait un bain chaud. L’un d’eux en a profité, et est mort immédiatement à cause de la différence de température. Sa place a été prise par un garde qui se convertit au christianisme, bouleversé par autant de foi. Au matin, tous étaient morts ; leurs corps furent brûlés, et les cendres jetées dans le fleuve où les résidents ont pu les sauver et les garder comme reliques. La fête de commémoration des martyrs est célébrée en Mars. La basilique érigée dans la ville autrefois appelée Onchesmos porte leur nom : les quarante martyrs ; en italien : santi quarenti, en grec : agii Saranta.

Himare

C’est également le nom d'une région historique qui s'étend du col de Llogara au nord, à Qeparo, 50 km au sud et à 10 km à l'est. Ses habitants, d'origine grecque, ont professé la foi chrétienne dans le rite oriental de l'Empire byzantin. Sous le règne de l'Empire ottoman, les Himariotes ont opposé à plusieurs reprises une résistance armée, et ont obtenu certains privilèges et l'autonomie de la région. Ils ne payaient pas d’impôts, étaient autorisés à porter des armes lors d'un voyage sur le territoire de l'empire, leurs navires pouvaient naviguer sous leur propre drapeau. Ces privilèges ont été écrits sur des tablettes de bronze, qui sont à ce jour affiché dans le musée de Topkapi à Istanbul. Un chef de la province, représentant de la Turquie, Ali Pacha, a même financé la construction de routes et d'une église à Himare, exigeant que ses murs puissent résister aux tremblements de terre et à l’artillerie, ce que le constructeur paya de sa tête ; quand il fut ordonné de tirer des boulets de canon sur la forteresse pour en vérifier la robustesse des murs !

Ali Pacha

Ce personnage controversé naquit en 1741 (ou 1744 ?), dans un village proche de Tepelenë, au sud de l’Albanie ; la ville dont son père était le bey. Après l’assassinat de son père, il intègre la bande de brigands que sa mère venait de constituer. Cette activité le conduit à devenir le personnage important de la région. Son art de nouer et défaire les alliances lui permet de conforter sa puissance.

Son aide au sultan pour mater une révolte à Shkodër et un mariage avec la fille du riche pacha de Delvine, Emineh, en 1768 lui apportent de solides appuis. De ce mariage naîtront deux fils. L’empire ottoman, dont il dépend, lui accorde le pachaluk de Trikala, en récompense de son soutien au sultan dans sa guerre contre l’Autriche. Mais son ambition est démesurée et sa soif de pouvoir intense.

Il prend le contrôle de Ioannina en utilisant habilement les troupes de bandits sous son contrôle pour ravager la région et se présenter comme un sauveur auprès des habitants de la ville, en profitant de la faiblesse du pacha vieillissant qui la dirige. Les autorités turques, mises devant le fait accompli, ne peuvent que cautionner cette manœuvre et Ioannina deviendra, pour 33 ans, le centre du pouvoir d’Ali. Son harem comptera jusqu’à 600 femmes.
33 années au cours desquelles, en concluant au gré de ses intérêts toutes les alliances pouvant lui être profitables, il agrandit son fief. Il s’allia même avec Napoléon Ier dans le but d’obtenir un port sur la côte albanaise. Pour l’abandonner en 1814 au profit des Anglais !

Le génie politique et le courage d’Ali Pacha s’accompagnent en effet de la plus extrême cruauté.
Ainsi 6000 chrétiens de la région d’Himara qu’il soumet en 1798 perdent la vie car ils refusent de se convertir à l’islam. L’année suivante, il fait couper les têtes de 300 combattants grecs et les entasse pour les exposer.
Ainsi était le lion de Ioannina ! Un homme paradoxal : un habile politicien, amoureux des arts, un analphabète qui parlait pourtant trois langues (albanais, grec et turc), soucieux de développer les régions qu’il possédait en y construisant des routes et en asséchant les marais.
Mais son pouvoir était trop dangereux pour la dynastie ottomane. En 1818, le sultan d’Istanbul, outragé par l’indépendance grandissante d’Ali Pacha, l’appela à se soumettre, mais le despote refusa cet ordre et se révolta.
En 1820 le sultan organisa une expédition contre lui. Ali Pacha s’abrita à la forteresse de Ioannina ou il subit un siège de 17 mois, et se fit tuer en 1822. Sa tête fut exposée à Istanbul
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MEZOPOTAM

Village situé au bord de la route principale, à environ 10 km à l'est de Saranda. Derrière le cimetière, principalement occupé par des tombes portant des inscriptions grecques, se dresse la haute et massive silhouette de l'église St-Nicolas du XIIIe s. portant des traces de transformations datant des XVIIIe et XIXe s. L'abside est ornée d'un bas-relief représentant des animaux étranges dont le plus remarquable est une salamandre à queue nouée. L'intérieur était décoré de fresques, badigeonnées lorsque l'église fut convertie en mosquée, et partiellement détruites par l'écoulement des eaux filtrant à travers la toiture défectueuse. L'iconostase du XVIIIe s. apparaît derrière une colonnade romane. Du mur entourant l'église et le cloître ne subsiste qu'un fragment.

   

SYRI I KALTËR

A une vingtaine de km à l'est de Saranda, au centre d'une réserve naturelle, de plusieurs sources situées à 45 m de profondeur émerge une résurgence pour donner naissance à la rivière Bystrica. Depuis le lac artificiel, formé par un barrage électrique, après avoir franchi la barrière d'entrée pour un prix modique, on suit la route à travers la forêt qui mène au parking et aux bars dont les terrasses sont en surplomb au-dessus de l'eau. Plus loin un sentier conduit à « l'il bleu », une piscine naturelle où se mêlent toutes les nuances de l'azur, et où la surface bouillonne sous l'effet de la remontée des eaux souterraines. Après avoir passé un petit pont de bois on accède à un groupe de « datchas », lieu de séjour des « apparatchiks » à l'époque du communisme. Un restaurant sur pilotis surplombe la rivière tumultueuse, où l'on peut déguster de délicieuses truites. Cet endroit est idéal pour un pique-nique ou une pause rafraîchissante au bord de l'eau.

Comment fut fondé Butrint ?

Après la chute de Troie, le fils de Priam, Helenos, partit vers l'ouest à la recherche d'un endroit pour établir une nouvelle ville. Il s'arrêta à l'île de Kerkira (Corfou) où il décida de faire le sacrifice d’un taureau en offrande à Apollon. Cependant le couteau glissa sur le cou de l'animal en le blessant seulement. Le taureau s’échappa et réussit à nager jusqu'à la rive de l’Épire, où il mourut d'épuisement. Cela a été considéré comme un signe divin et de bon augure pour la mise en place de la ville à cet endroit. Il lui a donné le nom de Vutrotos qui signifiait en ancien-grec « taureau blessé ».

 

BUTRINT

Ce site unique est inscrit sur la liste mondiale des monuments de l'UNESCO.

Les ruines de l'ancienne ville se trouvent au sud de la riviera albanaise (en face de l'île grecque Corfou) sur une péninsule séparée du continent par le lac Butrint et le canal Vivari. Le site de Butrint présente toutes les périodes historiques de l'occupation humaine sur ce lieu. Sans parler des temps préhistoriques, on y trouve les vestiges d'une colonie grecque, d'une ville romaine empiétant sur les constructions anciennes, des ruines de bâtiments des périodes byzantine et médiévale.

L'état actuel de conservation permet de faire une visite découvrant différents monuments et l'évolution du site. Le théâtre, datant du IIe siècle avant J.C., est situé sur la fondation du temple d'Asclépios datant du IVe siècle avant J.C. ; à côté, les ruines de l'agora transformée en forum et des thermes romaines. Les murs d'une grande basilique chrétiene et d'un baptistère du VIe siècle après J.C., bâti sur 16 piliers et pavé de magnifiques mosaïques, se trouvent tous près de la fontaine monumentale des nymphes et d'une maison romaine.

Au moyen-âge, après les destructions provoquées par les barbares et les Normands, Butrint devient possession vénitienne. Leur forteresse des XIVe et XVIe siècles, dominant la ville, a été reconstruite récemment, et abrite le musée actuel.

Le site est toujours entouré de murailles d'époque antique (porte du Lion, porte du Lac) et médiévale (tour vénitienne).

Au XVe siècle, la ville amorce son déclin à cause du manque d'entretien, d'un tremblement de terre, et de l'infiltration des eaux de mer provoquant des épidémies. Peu à peu, la ville fut abandonnée par ses habitants.

Au début du XXe siècle, les archéologues ont commencé des fouilles et ont rendu ce site à la culture mondiale.
Ruines de l'acropole
Le théâtre
Le baptistère
La basilique
Les thermes romaines Porte du Lion: le bas-relief d'un lion devorant un boeuf
Le petit bac sur le canal Vivari
Environs de Butrint

La forteresse, construite à côté du depart du ferry, sur un plan triangulaire, est considérée comme l’oeuvre d'Ali Pacha de la période turque. Les archéologues en ont découvert les anciennes fondations. Sur les trois tours d'angle, une seule, couverte d'un toit de fortune, a conservé sa hauteur initiale. Les longs murs cachent à l'intérieur la grande cour avec une grosse tour basse et le mur d’un bâtiment en ruine. Les travaux archéologiques sont en cours.

À l'embouchure du canal de Vivari se trouve une autre forteresse, accessible uniquement par bateau, parce qu’elle est situé sur un îlot marécageux. Construite sur un plan rectangulaire avec des tours d'angles, rondes du côté de la mer et carrées du côté du chenal, avec une porte d'entrée vers le nord, ses murs atteignent 9 m de hauteur. Une forteresse en ce lieu existait dejà quand la République de Venise régnait sur la région ; Ali Pacha l’a seulement élargie.

 

VOSKOPOJË

L’ancienne Moskopole est aujourd’hui un village situé au cœur de la montagne à 18 km de Korce. De son glorieux passé témoignent les larges rues pavées bordées de trottoirs, qui ont subi les outrages du temps, quelques maisons anciennes et de nombreuses églises réparties dans les quartiers de cette cité qui compta autrefois plus de 40 000 habitants. Voskopoje fut, du XIVe au XVIIIe, un important centre de commerce, avec des ateliers d’artisans, surtout de tailleurs de pierre et de tisserands. Elle abritait 24 églises, possédait sa propre académie, son imprimerie, et une bibliothèque. Son déclin commença au XVIIIe siècle, causé par les razzias des Turcs, les vendettas, et l’abandon des anciennes routes commerciales. Les première et deuxième guerres mondiales n’ont pas épargné la ville ; et durant l’époque communiste les églises ont été converties en magasins. Il n’en resta que huit, les autres étant tombées en ruines.

A présent, elle offre l’aspect d’un village aux maisons parsemées, autour de la grande place où se dresse un vaste monument orné d’une étoile rouge. En hiver, elle est fréquentée par les adeptes des sports de neige qui occupent les quelques hôtels et pensions, et profitent de sa situation élevée, 1160 m. ; entourée de sommets dépassant les 1500 m.

Les édifices religieux ont été bâti le plus souvent selon le plan suivant : basiliques à trois nefs précédées d’un narthex et closes par une abside polygonale, couvertes d’une coupole, bordées au sud d’une galerie abritée ornée de décors en briques et flanquées d’un clocher de faible hauteur. Les murs intérieurs des églises et des galeries sont couverts de fresques dont beaucoup sont dans un bon état de conservation.

Eglise St Nicolas, de 1721, décorée par les frères Zograf.

Cathédrale de la dormition de la Vierge, de 1699. Eglise de St Athanase, de 1721, décorée par les frères Zograf.
   
SHIPCKË

Petit village situé à 8 km au nord de Voskopoje, accessible par une route en partie asphaltée qui traverse la forêt. Sur la pente de la montagne est bâtie l’église St Georges, du XVIIe s., couverte d’un toit de lauzes. Elle comporte des arcades, un vaste narthex soutenu par des piliers, et une abside ; et contient des fresques d’une grande valeur artistique, récemment restaurées, qui couvrent les murs des trois nefs, de la coupole, et de la voûte. Elles représentent des scènes religieuses, des saints, des prophètes, des anges, coiffés d’auréoles dorées. Les visages d’autres personnages figurent dans des médaillons ronds. L’iconostase est dominée par une croix d’or soutenue par deux crocodiles stylisés.    

 

Récemment, l'Albanie a rénové ses routes principales, mais certaines routes secondaires ressemblent à ça.

 

Les « yeux » des nombreux bunkers (700 000 dans le pays entier) surveillent tout et partout.

 

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