LA GRECE INSOLITE

HELLAS

ΕΛΛΑΣ

(suite)

Ce pays recèle des curiosités beaucoup moins célèbres, mais qui méritent le détour.

Dont certaines sont illustrées ici...

1 Mani, Nekromanteion, Kassope, Stagira, Porto Germeno
2

Ithaque, Thermos, Didyma, Metsovo et lac Aoos, Edessa-Longos, Sicyone, Volos, Sesklo, Dimini, Nea Anchialos

3 Zagorohoria, Geraki, Filippi, Nemea, Dion, Pydna, Amphipolis
4 Evia, Pelion, Pella, Paxos, Tirynthe, Skyros
5 Messini, Acheron, Kythira, Salamine, Poros, Trizin, Gitana, Dodone

 

MESSINI

La cité antique de Messini se trouve dans le Péloponnèse, à 30 km au nord-ouest de Kalamata, au pied du mont Ithômé, près du village Mavromati. Elle fut construite à l’initiative du stratège Epaminondas en vue d’en faire la capitale de la région, afin de contrer les tentatives d’expansion de Sparte. Une ville antique encore entourée de murailles, toujours visibles, datant du IVème s. av JC, renforcées de nombreuses tours. La porte d’Arcadie, imposante par sa grandeur, protégeait l’accès au nord, et celle de Laconie à l’est.

La porte d’Arcadie Les murailles du IVème s. av JC

Les fouilles exécutées pendant plusieurs décennies ont permis de mettre à jour de nombreuses constructions : le théâtre, la monumentale fontaine d’Arsinoé, le temple d’Artémis, une large agora flanquée de divers monuments.

Le théâtre
La fontaine d’Arsinoé
Le temple imposant, dédié au dieu Asklépios, était le centre politique et religieux de la ville. Construit environ en l’an 215 av JC, dans le style dorique, avec deux portiques et entouré de colonnades, il se situait au centre d’une grande place bordée d’une rangée de colonnes surmontées de chapiteaux corinthiens de genre fantaisiste, qui supportaient des frises décorées de guirlandes, de têtes de taureaux, et de rosettes. On peut encore en admirer les restes, gisant dans l’herbe verte, en se promenant sur le terrain qui l’entoure.
Asklépion entouré de colonnades
Fragments des frises et des colonnes

Divers bâtiment à usage public voisinaient cet espace, ainsi qu’à l’est, un petit amphithéâtre pavé de dalles colorées, lieu de réunion des notables de la cité, très bien restauré.

Plus bas au sud, la colline est occupée par un grand stade en forme de fer à cheval allongé, mesurant 110 m de long, entouré sur trois côtés de colonnes doriques, presque entièrement restaurées et relevées. Des loges et des gradins se trouvent à l’extrémité nord du stade, et sur le côté opposé, au-delà de la ligne de départ des athlètes, un petit temple construit en marbre blanc.

Le stade entouré de colonnes
Le temple en marbre blanc



Sur le terrain d’autres monuments, non encore fouillés, attendent les archéologues pour livrer leurs secrets.

Un petit musée, abrité dans un jardin exotique, expose des statues et céramiques découvertes dans le site.

 

Le principal intérêt de ce site, encore trop méconnu, bien que d’une superficie impressionnante, est le panorama époustouflant qu’il offre à ses visiteurs, et qui donne à Messini un cachet exceptionnel.  

 

ACHERON (AMMOUDIA)

Cette rivière mythique, un des trois fleuves des enfers (cité par la Fontaine dans « les animaux malades de la peste »), est beaucoup moins terrifiant dans la réalité. Il traverse la partie sud-ouest de l'Épire et se jette dans la mer Ionienne près d’Ammudia dans une grande baie peu profonde avec une longue plage de sable fin. Ses sources sont situées à 20 km à l'est de Parga dans la chaîne de montagnes visible a l'horizon. L’Acheron traverse une gorge profonde et coule par la montagne comme un ruisseau au puissant flux de couleur aigue-marine, alimentée en eau par plusieurs cascades qui tombent des parois rocheuses. Pour les atteindre, il faut marcher dans dans le lit de l'eau froide au fond rocheux.

Endroit charmant, ombragé par des platanes centenaires,  le lieu est à recommander en particulier lors d’une chaude journée d'été.  Des attractions, telles qu’ un restaurant au bord de l'eau avec terrasse, équitation, rafting, sentier de randonnée, étals de miels, herbes... sont là .
Sur la plaine, le ruisseau disparaît dans un terrain marécageux, et ensuite prend la forme d'une rivière près du "Necromantheion" à Mezopotamos, où il y avait une porte de l'enfer et le fameux oracle des anciens Grecs.

Sanctuaire écologique d’un grand intérêt, refuge d’espèces endémiques (tortues, serpents, rossignols, libellules bleues…), il est navigable dans son cours inférieur et on peut y pratiquer des excursions sur des petites barques. On découvre alors un paysage surprenant, qui tient davantage de l’Amazonie que de la Grèce antique.

On ne regrettera pas d’avoir versé son obole ! 

 

KYTHIRA

Parmi les 2000 îles grecques, il en est une, Kythira (Cythère), qui ne ressemble à aucune autre, et possède un cachet particulier.

Elle se situe entre le Péloponnèse et la Crète, appartient aux îles ionniennes, et dépend administrativement d’Athènes ! Ses particularités confirment ailleurs les noms des villages à consonance « non-grecque », comme Aroniadika, Frilingianika, ou Tritylianika.

Ne cherchez pas ici de sites avec des colonnes antiques ni de villages aux murs blancs surmontés de coupoles bleues ; mais Kythira offre aux rares touristes un autre visage.
On y trouve des côtes sauvages, des montagnes arides, de très jolies plages sablonneuses, des ruines de forteresses médiévales, de très nombreuses chapelles bizantines, des grottes, des gorges, des cascades… L’île produit quelques spécialités gastronomiques : miel de fleurs locales, excellente huile d’olive, vin, confiseries…    

Cette île a connu une histoire tourmentée ; elle a vu passer, entre autres, les armées vénitiennes, russes, turques, françaises, encore russes, anglaises, avant de redevenir enfin grecque en 1864.

Un contact avec tant de cultures différentes a donné à Kythira et à ses habitants un esprit cosmopolite qu’on retrouve aujourd’hui dans la présence de nombreux immigrants venus des quatre coins du monde. Cette « xenophilia » (l’amour de l’étranger, qui existe partout en Grèce) ne se limite pas ici à l’accueil saisonnier des touristes en été, mais se prolonge tout au long de l’année.

Kapsali, petite ville du sud de l'île, au long de la pittoresque baie divisée par un promontoire rocheux, possède de nombreuses tavernes, des boutiques et une plage de sable fin. A 3 km à l'ouest se trouve la capitale de l'île Kythira, appelée Chora. Entre les deux, sur une péninsule rocheuse, se dresse une puissante citadelle vénitienne. Elle a a conservé ses murs, des fragments de bâtiments, une église, et le blanc clocher ajouré visible de loin. A  Chora ont survécu un quartier résidentiel médiéval et de nombreuses églises anciennes.
L'église du forteresse à Kapsali

 

 

Monastère Agios Moni

Milopotamos, éloigné de la mer, a conservé son caractère de village paisible, avec une place ombragée par des platanes robustes, la tour vénitienne décorant l’église, et ses vieilles maisons à étages superposés au pied des ruines de la forteresse vénitienne. De là il est possible de rejoindre la plage de Limnionas avec ses caractéristiques hangars de pêcheurs, ou d’aller à la grotte d'Agia Sofia et la cascade Fonissa.

Avlemonas - village de pêcheurs sur le bord d'une étroite crique, profondément découpée dans la terre, avec des côtes rocheuses et une eau émeraude, entouré d'une végétation abondante. L'entrée du port est gardée par les ruines romantiques d'une forteresse vénitienne.
A proximité, sur une haute colline dépourvue de végétation, se dresse l'église d'Agios Georgios, et deux chapelles.      A Katuni, entre Chora et Livadi, un long pont de pierres construit par les Britanniques au XIXe s. attire l'attention.

Potamos, la plus grande ville dans la partie nord de l'île, offre, en plus de nombreux magasins, un marché du dimanche proposant les produits et l'artisanat de la région. Pas loin de la ville, des ruines éparpillées sur les pentes abruptes de la gorge de la rivière Lagadi sont les vestiges de la capitale byzantine de l'île – Paliochora, détruite par des pirates au XVIe s.

Karavas est une petite ville avec des rues étroites et des coins charmants entourés de montagnes près du promontoire nord où se dresse un phare. Les pentes des montagnes autour de lui ont été labourées pendant des siècles grâce à la construction de terrasses pour contenir les cultures.

Le monastère Myrtidiotissa, du XIXe s., situé près de la côte ouest et de la plage de Limnaria est le plus grand sur l'île.

Cythère possède de nombreuses charmantes petites plages, souvent accessibles seulement à pied.

 

SALAMINE

La plus grande île du golfe Saronique est surtout connue pour la bataille navale qui opposa Perses et Grecs au Ve siècle avant notre ère, et qui fut remportée par la flotte grecque. On peut y accéder en ferry-boat depuis Megara ou Perama (tout près du Pyrée) en quelques minutes.

Salamine a la forme d’un C inversé qui entoure un large golfe ; cette situation en a fait pendant des siècles l’endroit opportun pour abriter une base navale.

A Kanakia on peut voir le monastère St Nicolas « citronnier », bâti au XVIIIe s. dans une plantation de citrons, bien gardé par les nonnes qui l’habitent.

Les plages les plus tranquilles sont entre Eandeio et la capitale de l’île, Salamine. On peut y acheter, sur des stands qui bordent la route côtière, des fruits de mer très frais.

La célèbre bataille a eu lieu en 480 av. JC sur sa rive orientale. La marine grecque avait pris position au nord de la péninsule Kinosoura, tandis que la flotte perse commandée par le roi Xerxes, trois fois plus nombreuse, arrivait du sud. Le souverain perse observait le combat depuis Perama. Après une journée de lutte sur le golfe d’Ambelakia, grâce à une manœuvre astucieuse des Grecs, les Perses durent battre en retraite après avoir perdu cinq fois plus de navires que leurs adversaires.

La ville la plus intéressante de l’île est Eandeio, où se trouve l’église Metamorphosis des XI-XIIe siècles, sur une pente rocheuse.

A l’ouest de l’île se trouve le monastère Phaneromeni, construit en 1661sur des fondations plus anciennes. Il est décoré sur sa façade de bas-reliefs datant des XIII-XIVe. C’est depuis longtemps un lieu de pèlerinage fréquenté.

 

 

POROS

Petite île du golfe Saronique, distante d’à peine quelques centaines de mètres de la côte de la péninsule d’Argolide. On la rejoint depuis Galatas en ferry ou bâteau-taxi, ou en « dauphin volant », sorte d’hydroglisseur, à partir du Pyrée.

Elle est en fait constituée de deux îles, la grande, Kalavria, dominée par le mont Vigla (358 m), couverte de forêts de sapins, et la petite, Sferia, où se trouve la capitale, Poros, reliées entre elles par un pont surplombant une étroite langue de terre.

Poros a joué un grand rôle dans la lutte pour l’indépendance de la Grèce au début du XIXe s.

 
  La côte sud de l'île, à Kalavria, et surtout à Sferia où se trouve le port qui la relie au continent, est très animée le soir. Pleine de bars, restaurants, et magasins de souvenirs.
 

 

 

 

La taverne "Nautis" sur le quai près du port.

 

 

 

La fontaine marine, sur la grand place de la ville.

 

 

La côte, très découpée, forme de nombreuses petites criques abritant des plages de sable ou des pentes pierreuses et inaccessibles.

Au sud, sur les flancs d’une montagne peu escarpée, se dresse le monastère Zoodochos Pighi du XVIIIe s. parmi les cyprès ; l’un d’entre eux a atteint une telle dimension qu’il bloque pratiquement l’entrée de l’église.

Quelques autres vieilles petites églises sont disséminées dans la partie occidentale de Kalavria.

Au centre de l’île se trouvent les ruines du sanctuaire de Poséidon, du VIe s. av. JC. C’est ici que Démosthène aurait mis fin à ses jours en avalant du poison après la défaite d’Athènes face aux Macédonien, en 322. On y bénéficie d’un beau point de vue sur les îles environnantes et le cap Sounion.   

 

 

TRIZIN (TREZEN, TROIZINA)

L’ancienne Trézène, ville fortifiée entourée de murailles, était une colonie des Athéniens en Argolide. Elle se situe près de la côte, à proximité de l’île de Poros. Elle serait, selon la mythologie, le lieu de naissance du héros Thésée. Pendant l’invasion perse en 480 av. J.C., cette cité donnait asile aux femmes et aux enfants d’Athènes. 50 ans plus tard, Trizin s’est alliée à Sparte, éternelle rivale d’Athènes. A l’époque romaine, elle fut occupée par Rome ; et, quelques siècles plus tard, envahie et détruite par les Slaves.

On y trouve les vestiges du sanctuaire d’Hyppolite, du VIe s. av J.C. pourvu d’un ingénieux système d’adduction d’eau. Une tour rectangulaire qui faisait partie des murailles de la ville, a été agrandie au moyen-âge.

Plus loin, dans la forêt, à l’ombre des platanes, se trouve le « pont du diable », formation naturelle qui enjambe les gorges de la rivière Gephyraeon.

Sur les pentes de la colline qui domine le site, on peut voir les ruines d’une église byzantine du XIe s. plusieurs fois agrandie et remaniée, ainsi que celles d’un palais épiscopal.

 

GITANA

Dans une région s’étendant aux alentours d’Igoumenitsa, bordée par la mer, qui s'étend de la frontière albanaise à  Preveza vers le sud, et presque jusqu’à Ioannina à l'est, qui s’appelait dans les temps anciens Thesprotia, une des villes les plus importantes était Gitana, fondée au IVe s. avant J.-C. dans une anse de la rivière Kalamos, qui lui assurait une position naturellement défensive. Ses ruines sont situées à environ 20 km au nord d’Igoumenitsa.

L' ensemble de la colline a été entouré par des murs de pierres soigneusement taillées,  longs de 2,5 km avec 9 tours fortifiées, mais la ville elle-même, séparé par une muraille interne a occupé la partie ouest de la colline ; 3 portes massives permettaient d’y pénétrer.

Ici, il n'y a pas de minces colonnes grecques qui pointent vers le ciel, mais des murs massifs "cyclopéens", et les rues soigneusement pavées valent un regard. Le plan géométrique de la ville est parfaitement reconnaissable et nous étonne par sa simplicité et son modernisme ; les grandes rues, larges de 4-6 m, se croisent à angle droit avec les plus étroites.

Au long d’elles on remarque les traces restantes de villas résidentielles, d’un petit temple et de bâtiments publics.

Le plus intéressant est le bâtiment qui abritait le conseil, les archives, et les entrepôts d'alimentation ; il a également servi de lieu pour de soi-disants «colloques» -  réunions d’hommes accompagnées d’une nourriture abondante et de boissons variées. Au-dehors des principaux murs de la ville a été aménagée une longue agora avec un certain nombre de boutiques et d'ateliers dont le contour est encore visible. Au bord de la rivière se trouvent les restes des gradins du théâtre pouvant accueillir 5000 spectateurs.

Les mosaïques partiellement conservées et de nombreux articles d'usage quotidien fabriqués avec un grand art témoignent du niveau de vie très élevé des habitants de Gitana.
On  peut admirer tous ces objets trouvés dans un musée archéologique moderne, à Igoumenitsa.

 

DODONE

le sanctuaire de Zeus, au village de Dodone, est situé à 25 km au sud de Ioannina mais très proche de l'autoroute « Via Egnatia ». Le mot «Dodoni» est très populaire. Presque chaque ville a une rue de ce nom. On l’a donné aux cafés, aux tavernes, à une usine de production de yaourt et de glaces, à une société d'autocars... Mais presque personne ne visite ce lieu possédant un énorme théâtre, car il est situé à l'écart des autres sites et des trajets des excursions habituelles.

Pendant des siècles, au pied du mont Tomaros, se trouvait un sanctuaire dédié à la déesse de la fertilité et de l'abondance, avec son l'oracle, le plus ancien de Grèce. Plus tard, on l’assimila avec le culte de Zeus et de sa femme Diona. Les pèlerins venaient ici avec des questions gravées sur des plaques de plomb, et attendaient des conseils sur la façon de traiter les questions de la vie. La réponse de Zeus était interprétée dans la « lecture » du bruit des feuilles du chêne lui étant consacré. Le sanctuaire a été ruiné par les Romains au II s. avant JC. Il n’a jamais retrouvé son ancienne importance. Enfin, après l'abattage du chêne sacré, le lieu a été transformé au IV s. en centre du culte chrétien.

Actuellement, les ruines visibles datent du IVe s. avant JC., le théâtre du début du IIIe s. Parmi elles on peut repérer le Bouleutérion, les temples de Thémis, d’Aphrodite, qui est le plus important, de Zeus avec son chêne sacré (un nouvel arbre, le vieux a disparu depuis longtemps !), l’ancien et le nouveau temple de Diona. Sur ​​les ruines du temple d'Hercule, au Ve s., a été construite la basilique chrétienne. Les travaux des archéologues sont toujours en cours, à la découverte du plan et des bâtiments de la ville (notamment du prytanée) et des installations pour les pèlerins.

 

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